Montessori : la période sensible des découvertes

Aux alentours de trois ou quatre mois, le bébé rentre dans une nouvelle période sensible, celle des découvertes, de la relation entre ses yeux et ses mains. Il commence à s’intéresser de plus en plus aux objets qui l’entourent et tente de les attraper. Ses gestes sont encore très imprécis et lents, mais il montre de l’intérêt et se concentre pour atteindre l’objet qui se présente à son regard.

Le développement psychomoteur du bébé

Dans le développement psychomoteur du bébé, on note plusieurs domaines :
– le développement postural ou motricité globale : la tenue de tête, la station assise, la marche… Tous ses muscles sont sollicités pour acquérir l’équilibre nécessaire aux différentes postures et à la coordination de ses gestes.
– la coordination oculo-manuelle ou motricité fine : elle se joue au niveau de la main et demande de l’entraînement pour travailler la précision. Il s’agit de la préhension volontaire, la manipulation d’objets, le graphisme…
– le développement du langage et du raisonnement : c’est le développement cognitif englobant les capacités de comprendre le monde, de mémoriser, de résoudre les problèmes, de parler…
– les habiletés sociales : le regard, le sourire, l’imitation… Communiquer avec les autres, exprimer et partager ses émotions, coopérer, résoudre les conflits…
A chaque étape de sa vie, on peut accompagner son bébé en lui proposant les stimulations adaptées à son développement.

Les objets suspendus et les portiques

En alternance avec les mobiles Montessori présentés dans cet article ou achetés dans le commerce, on va proposer au bébé toutes sortes d’objets suspendus qu’il va effleurer ou attraper avec ses mains. Le bébé est encore en position allongée, on va donc lui présenter au dessus de lui en les suspendant à une hauteur qui lui permet de s’exercer à viser avec la main ou avec les pieds. Après de nombreux essais, au cours desquels il ajuste progressivement son geste, il finira par les saisir. Un anneau en bois présente l’avantage d’être lisse et à la taille de la petite main qui pourra l’agripper et se refermer dessus sans risque de blessures. Un grelot ou une balle remplie de petites billes stimulera en plus l’intérêt du bébé en produisant un son et l’incitera à recommencer. Une grosse boule ou un cube en mousse lui permettront d’agir avec ses pieds. Il est préférable d’utiliser des matières naturelles que l’enfant peut porter à la bouche et sans danger.

On peut aussi installer un portique en bois munis d’anneaux, de boules et de grelots à attraper. Les premier temps, on peut ne proposer qu’une seule suspension pour que le bébé se concentre sur un objet.

Les objets au sol

Pour renforcer sa musculature et stimuler bébé à se mouvoir, on dispose des objets simples au sol autour lui. Sa curiosité et sa soif de découverte vont l’inciter à les attraper. Tout son corps est sollicité et il commence à se retourner : hochets en bois, cylindres ou anneaux avec grelots, dolio, balles en caoutchouc… Ces jouets permettent au bébé de continuer à travailler la coordination entre la main, les yeux et les oreilles.

Voici quelques exemples d’objets achetés ou fabriqués :

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Le miroir

On peut placer un miroir à côté du matelas d’activités sur lequel le bébé joue avec les objets cités plus haut. Il peut regarder son reflet dans le miroir et découvrir la pièce. Ses mouvements vont le stimuler et le motiver à être actif. En position sur le ventre, il maintiendra sa tête relevée. Il va progressivement se reconnaître et prendre conscience de son corps.

 

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Tuto pour réaliser les mobiles Montessori

Les mobiles Montessori sont les premiers matériels présentés aux tout-petits dans les Nidos*. Le champ visuel du nouveau-né est très limité (30 cm maximum). Pour développer ses capacités d’observation et son attention, vous pouvez présenter à votre bébé toute une série de mobiles.

A quoi servent les mobiles ?

Les mobiles Montessori vont permettre à votre bébé de s’exercer progressivement à fixer un objet en mouvement, à différencier les couleurs, à observer la profondeur, à discriminer les détails, à esquisser des mouvements de bras et de jambes…

Ils sont d’abord présentés selon un certain ordre. Ensuite, il est possible d’effectuer une rotation : les mobiles sont changés toutes les deux semaines. Cela permet à votre enfant de les redécouvrir régulièrement et d’améliorer sa connaissance des objets en fonction de ses nouvelles acquisitions.

Le mobile de Munari

Le mobile de Munari est le premier à être présenté vers trois semaines. Le nouveau-né, dont la vue n’est pas nette, peut distinguer les contrastes marqués et les mouvements. Il est important de placer le mobile assez proche de ses yeux tout en veillant qu’il ne puisse pas le toucher.

Ce mobile est composé de formes géométriques planes noir et blanc et d’une boule de verre. La proportion de chaque forme et des baguettes est déterminée par le diamètre de la boule en verre (ou en plastique).

Vous trouverez toutes les instructions pour fabriquer le mobile de Munari dans l’onglet téléchargement.

Le mobile des octaèdres

A partir de six semaines, vous pouvez lui présenter le mobile des octaèdres. Votre bébé distingue les couleurs bien marquées, mais plus difficilement les nuances dans une même couleur. Il va se concentrer sur les formes en mouvement qui tournent sur elle-mêmes.
Ce mobile est constitué de trois octaèdres de même taille aux couleurs vives. Ils sont accrochés à des hauteurs différentes sur la baguette. Une autre variante consiste à fabriquer trois octaèdres de tailles différentes (arrêtes de 4 cm, 4,5 cm et 5 cm), mais de les placer à la même hauteur sur la baguette. Le plus petit en jaune, facilement visible pour le bébé et le plus gros en bleu, plus difficilement identifiable.
Toutes les instructions pour fabriquer le mobile des octaèdres sont dans l’onglet téléchargement.

Le mobile de Gobbi

Vers dix semaines, votre bébé commence à bien distinguer les nuances de chaque couleur. Vous pouvez lui proposer le mobile de Gobbi. Il peut ainsi exercer sa vision à la reconnaissance de couleurs dégradées ; mais aussi à la profondeur, car les boules sont accrochées avec des fils de plus en plus courts.
Ce mobile est composé de cinq sphères d’une même couleur dégradée du clair au foncé. Idéalement, elles sont recouvertes de fil à broder légèrement satiné qui reflète la lumière.
Je n’ai pas fabriqué ce mobile, donc je n’ai pas de photos personnelles à vous proposer, mais il y en a  ici ou ou encore .
Toutes les instructions pour fabriquer le mobile de Gobbi sont dans l’onglet téléchargement.

Le mobile des danseurs

Le mobile des danseurs peut être présenté à partir de 3 ou 4 mois. Comme pour les autres mobiles, il doit être fixé au-dessus de votre bébé afin que ses mouvements créent des déplacements d’air qui font bouger les danseurs ; mais sans qu’il puisse les toucher. Il apprend ainsi à contrôler les mouvements de son bras en créant un courant d’air qui met les formes en mouvement.
Ce mobile est formé de quatre danseurs en papier irisé ou brillant qui reflète la lumière. Chaque personnage est constitué de trois parties indépendantes reliées par un fil, qui permet de les animer. Les danseurs mesurent environ 17-18 cm de haut.
Toutes les instructions pour fabriquer le mobile des danseurs sont dans l’onglet téléchargement.

Les mobiles figuratifs

A partir de 4 mois, vous pouvez varier les mobiles et en présenter à votre bébé avec des formes réelles comme des animaux, des fleurs, des coquillages… Laissez libre cours à votre imagination dans la créativité des formes, des couleurs et de leur agencement. Vous trouverez également une multitude de choix en boutiques ou sur internet (bois, laine, éléments naturels…). Le modèle ci-dessous, que j’ai trouvé sur Le journal de Liv & Emy, met en scènes des oies sauvages de toute beauté.
Toutes les instructions pour fabriquer le mobile des oies sauvages sont dans l’onglet téléchargement. Ces explications viennent du blog cité ci-dessus.
* Nido = structure d’accueil pour les 6-36 mois, dont l’espace est préparé, tout comme les écoles Montessori, mais pour les bébés.

Concentration et apprentissages

La concentration chez l’enfant

Dans son sens premier, la concentration est l’action de tout ramener au centre. L’enfant qui mobilise ses facultés mentales et physiques sur une action, est concentré. Son attention n’est tournée que sur un but, réaliser cette action. Il peut ainsi rester sur une activité très longtemps si personne ne l’interrompt. Il peut parfois rester centré sur un détail qui nous semble insignifiant. Sa patience semble inébranlable. La notion de temps n’existe pas chez l’enfant. Du moins, le temps ne s’écoule pas au même rythme que chez l’adulte.

L’esprit absorbant de Maria Montessori

L’enfant a la faculté d’absorber tout ce qui se passe autour de lui et dans son environnement. C’est ce que Maria Montessori appelait « l’esprit absorbant« . Chez le tout petit, le processus d’apprentissage est naturel et il n’est pas conscient. L’enfant ne décide pas volontairement de ces actions, mais il est guidé par son environnement. Il y puise une force extérieure qui le pousse à agir. Au fur et à mesure de ses essais, il s’en imprègne et tout son être se construit et absorbe ces expériences. C’est ainsi qu’il évolue et que son psychisme se construit. En grandissant, il va perdre cet esprit absorbant qui imprime dans son esprit toutes ses expériences. La conscience prend le dessus, et l’intelligence se met en place pour continuer à le faire progresser dans ses apprentissages.
 

L’esprit absorbant et la concentration

La richesse de l’enfant réside dans sa psychologie à part. Il est capable de s’instruire lui-même et d’absorber, de manière inconsciente, les connaissances de son environnement. Il développe ainsi une capacité d’adaptation extraordinaire. C’est ainsi qu’il apprend sa langue maternelle, la marche et un bon nombre de savoir-faire et savoir-être sans recevoir de leçons de la part d’un adulte. L’adulte a alors un rôle d’exemple : il fait et l’enfant refait après lui. Il est donc essentiel de prendre le temps de montrer les choses, même simples à réaliser, au jeune enfant pour qu’il ait le temps de s’en imprégner.

En grandissant, et en suivant ses intérêts, il développera d’autres compétences selon ses motivations ; et il devient capable de concentration et de persévérance. En respectant et en suivant son rythme d’apprentissage propre, chaque parent peut accompagner au mieux son enfant.

« Au lieu de considérer, comme le fait la scolastique, que l’enfant ne sait rien – ce qui est évidemment faux – et qu’il appartient à l’éducateur de tout lui apprendre – ce qui est prétentieux et irréalisable – nous partons, pour notre enseignement des tendances naturelles, chez tout individu sain, à l’action, à la création, à l’amour du beau, au besoin de s’exprimer et de s’extérioriser…» Célestin Freinet

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Lectures complémentaires : 
L’esprit absorbant, Maria Montessori
Les apprentissages autonomes, John Holt