Les écrans et les tout-petits

Ma dernière ayant plus de six ans, je ne suis pas directement concernée par les écrans et les tout-petits. Mais j’ai toujours été vigilante au nombre d’heures d’exposition aux écrans et au contenu regardé avec mes enfants. Et aujourd’hui, ce sujet d’actualité, concerne tous les parents.

Les professionnels de la santé tire la sirène d’alarme…

Ces derniers temps, plusieurs reportages concernant les effets des écrans, notamment sur le développement des très jeunes enfants, ont été diffusés sur les ondes et la télévision. Ils sont plutôt alarmants. La sirène d’alarme envoyée par les professionnels de la santé et de l’éducation laisse à réfléchir sur notre position et nos habitudes en tant que parents, et sur notre responsabilité vis à vis de nos enfants. L’invasion de notre quotidien par les écrans est de plus en plus importante, et nous sommes parfois nous-même mis à mal pour réguler notre pratique, voire même sujets à une certaine addiction… Une exposition excessive peut parfois devenir néfaste chez l’adulte (trouble du sommeil, repli sur soi, fatigue oculaire, agressivité, manque de concentration…). Cependant, notre cerveau est mature. Mais qu’en est-il des bébés et des jeunes enfants ?

Les écrans avant 3 ans

De plus en plus de médecins essaient de sensibiliser le grand public quant à la surexposition aux écrans des enfants de 0 à 3 ans.  Dans certain cas, une forte exposition peut aller jusqu’à provoquer un comportement proche des troubles autistiques. Les réactions, ou plutôt le manque de réactions de certains jeunes enfants, leur incapacité à parler, leur inaptitude à rentrer en relation avec autrui, leur indifférence vis à vis du monde dans lequel ils évoluent, sont de plus en plus observés en consultation chez les médecins ou à l’entrée à l’école maternelle. Il s’agit des cas les plus graves. Et bien souvent, après une prise de conscience des parents et un arrêt immédiat de l’exposition aux écrans, l’enfant réapprend à jouer, à manipuler, à explorer le monde dans lequel il vit. Il peut donc se construire et développer à nouveau de nombreuses connexions cérébrales.

Les besoins du tout-petit

Le tout-petit a besoin d’interactions avec des personnes réelles. Pour grandir et s’épanouir harmonieusement, il doit bouger, expérimenter grâce à ses cinq sens, utiliser ses mains pour comprendre le monde, apprendre à parler au cours d’échanges réels, se connecter entièrement à son environnement. Par la main, le bébé découvre son environnement. C’est elle qui en transmet au cerveau les informations utiles et en retour, il lui commande d’autres actions. Cette rétroaction est à la base du développement et de l’apprentissage de l’enfant. La main doit servir à manipuler, toucher, sentir, estimer, comparer. Son rôle ne s’arrête pas à caresser un écran. Il est aisé d’imaginer alors les informations transmises au cerveau et l’absence quasi-totale de développement du nourrisson !

« L’organe moteur qui caractérise l’Homme, c’est la main au service de l’intelligence pour la réalisation du travail. » Maria Montessori

Comment réguler les écrans en famille

La question des écrans devient omniprésente dans beaucoup de familles. C’est une préoccupation pour de nombreux parents plus ou moins conscients des dangers pour les très jeunes. Ils ne sont pas informés sur les mécanismes de développement du cerveau de leur enfant et sur les temps d’exposition qu’il est conseillé de respecter. Je suis pour ma part assez sceptique face au « zéro écran » avant trois ans. S’il est indispensable chez le bébé d’être très vigilant, il semble vraiment difficile, surtout avec une fratrie, de ne pas exposer le petit frère ou la petite sœur de deux ans et demi au moindre écran. Je préfère opter pour la prévention au sein de la famille, sensibiliser les frères et sœurs et établir des règles pour chacun tout en vérifiant les jeux ou les vidéos qui sont visionnées. Je m’assure également que la majeure partie de leur temps, les enfants jouent, bougent à l’air libre, bricolent et soient encrés dans le monde réel.

Quelle prévention face aux écrans chez les tout-petits

Les alertes récentes parlent d’enfants de moins de quatre ans, voire même de bébés, qui sont exposés presque en continu à tout type d’écrans. Par méconnaissance des parents sur le sujet, par solution de facilité face aux pleurs ou aux colères qu’il est parfois difficile d’accepter, il est si facile de céder. Il s’agit heureusement de cas extrêmes, qui vont nécessiter un accompagnement et un suivi sur le long terme. Si ces cas sont encore rares, ils sont en augmentation constante. Informer sur l’impact de toute exposition aux écrans lors des premières années, en mesurer les conséquences et les risques, devrait être la priorité du gouvernement. « Manger cinq fruits et légumes par jour »,  » « Fumer tue », « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé »… A quand une campagne de prévention destinée à un large public, sur l’utilisation excessive des écrans ? Il y a actuellement un besoin urgent de sensibiliser la population de manière accessible et compréhensible pour tous.

 

Pour aller plus loin :
Des aides pour diminuer l’utilisation des écrans :
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