Des mandalas pour mieux apprendre

Pour un travail efficace, il est nécessaire que l’enfant se recentre et soit entièrement disponible à la tâche qu’il va accomplir.

Être disponible pour apprendre

Il est possible de proposer à un enfant une écoute musicale ou une courte séance de méditation avant une séance de travail. Pour d’autres, un effort physique intense d’un quart d’heure peut permettre de se défouler et de mieux se concentrer par la suite. Dans cet article, je vous propose d’apprécier les bienfaits des mandalas. Très connus et utilisés dans les livres de coloriage, vous pouvez en trouvez des centaines de modèles. Mais le bénéfice du mandala est encore plus grand, si on le réalise soi-même.

Qu’est-ce qu’un mandala ?

Le mandala, en sanskrit, signifie cercle. C’est un dessin circulaire organisé autour d’un centre et ouvert sur l’infini. Il peut prendre la forme d’une composition éphémère réalisée avec des poudres de couleur, s naturels… On le retrouve dans beaucoup de civilisations. Chez les tibétains et les indiens, il représente le rapport de l’être humain avec l’univers et il est utilisé pour la méditation. Le côté éphémère est essentiel, car ce n’est pas le résultat qui est important, mais les chemins empruntés pour sa réalisation et son propre état intérieur. En demandant à un enfant de dessiner son mandala, puis de le colorier, les intérêts sont multiples : il se pose, il se calme et il retrouve un équilibre qui le conduit à être plus disponible et plus centré sur son travail.

Le mandala et la connaissance de soi

Le mandala permet de rester encré dans l’instant présent et de prendre conscience de son état intérieur. En le traçant, une personne projette ses émotions vers l’extérieur et prend le temps d’une réflexion profonde sur elle-même. Elle peut alors atteindre un équilibre, être en harmonie avec elle-même et son environnement, de se détendre. C’est un exercice efficace également pour accepter ses imperfections, pour apprendre à ne pas se juger lorsque la symétrie n’est pas parfaite, un exercice qui est d’autant plus difficile chez l’adulte. La pratique permet cependant de travailler ce dernier point et d’accepter plus facilement ses défauts.

 

Comment dessiner un mandala?

On commence par tracer un cercle.
Puis on divise le cercle en six quartiers comme pour réaliser une rosace (on peut aussi tracer 2, 4, 8 ou plus de quartiers).
On commencer ensuite à tracer une ligne quelconque dans le premier quartier, et on la reproduit à l’identique dans les autres.
Et on continue à dessiner une autre ligne toujours au « feeling » et on la reproduit à nouveau dans les cinq autres quartiers, etc.

Une fois terminé, on peut passer au coloriage. Le coloriage de l’extérieur vers le centre, permet de se recentrer. Du centre vers l’extérieur, on travaille sur l’ouverture au monde.

Simple à réaliser, avec une infinité de possibilités, le résultat sera vite satisfaisant aussi bien sur le papier qu’à l’intérieur de soi.

Exemple de mandalas réalisés en duo avec ma fille de 6 ans.

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Pourquoi initier les enfants au land art

En lien avec la nature, le land art développe la créativité et permet de se ressourcer. Que l’on soit en forêt, au bord de l’eau, sur une plage, dans un parc… en toute saison, cette activité apporte de la sérénité et elle est l’occasion de s’évader le temps d’une réalisation éphémère.

Un temps pour se ressourcer

Les filles entrent souvent assez vite dans leurs compositions. Les garçons ont besoin de temps pour décharger leur énergie. Ils vont explorer l’endroit, grimper dans un arbre, lancer des galets dans l’eau, courir… Puis, peu à peu, ils s’apaisent. Ils observent, ils s’inspirent des filles et commencent à chercher des éléments. Et dans un élan de créativité, ils les posent, les agencent et commencent à leur tour leurs compositions.

Finalement, chacun est concentré sur son œuvre… Un temps de calme. On est dans la nature et on travaille avec la nature. On se recentre, on prend le temps, on écoute, on regarde, on touche, on sent, on manipule, on crée…

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Un temps pour partager

Nous pratiquons le land art depuis de nombreuses années. Les premiers temps, ou avec les plus jeunes, je commence à composer. Ils me regardent ramasser, disposer, agencer les éléments naturels. Et puis, rapidement l’envie d’exprimer leur propre créativité prend le dessus. Ils laissent libre cours à leur imagination et ils se mettent à produire une œuvre, parfois seul, à deux ou toute la fratrie ensemble. A plusieurs, cela nécessite de la discussion, de l’argumentation. Il faut se mettre d’accord sur l’agencement. Mais c’est aussi une aide pour les plus jeunes ou les moins inspirés afin de trouver le moteur vers la création.

Un temps pour s’évader

Quand ils travaillent seuls, chacun est dans son monde intérieur, en lien avec la nature, concentré pendant de longues minutes sur son œuvre. Puis, petit à petit, ils reviennent dans le monde extérieur, ils contemplent leur réalisation, ils la partagent et ils admirent celles des autres. L’art est éphémère… Le vent souffle déjà sur les feuilles qui s’envolent. Demain ou dans quelques jours, tout aura disparu. Mais pendant ce moment privilégié, ils ont pris du plaisir à créer et composer avec la nature. Quelle joie et quelle satisfaction pour chacun d’avoir réaliser un chef-d’œuvre !

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Concentration et apprentissages

La concentration chez l’enfant

Dans son sens premier, la concentration est l’action de tout ramener au centre. L’enfant qui mobilise ses facultés mentales et physiques sur une action, est concentré. Son attention n’est tournée que sur un but, réaliser cette action. Il peut ainsi rester sur une activité très longtemps si personne ne l’interrompt. Il peut parfois rester centré sur un détail qui nous semble insignifiant. Sa patience semble inébranlable. La notion de temps n’existe pas chez l’enfant. Du moins, le temps ne s’écoule pas au même rythme que chez l’adulte.

L’esprit absorbant de Maria Montessori

L’enfant a la faculté d’absorber tout ce qui se passe autour de lui et dans son environnement. C’est ce que Maria Montessori appelait « l’esprit absorbant« . Chez le tout petit, le processus d’apprentissage est naturel et il n’est pas conscient. L’enfant ne décide pas volontairement de ces actions, mais il est guidé par son environnement. Il y puise une force extérieure qui le pousse à agir. Au fur et à mesure de ses essais, il s’en imprègne et tout son être se construit et absorbe ces expériences. C’est ainsi qu’il évolue et que son psychisme se construit. En grandissant, il va perdre cet esprit absorbant qui imprime dans son esprit toutes ses expériences. La conscience prend le dessus, et l’intelligence se met en place pour continuer à le faire progresser dans ses apprentissages.
 

L’esprit absorbant et la concentration

La richesse de l’enfant réside dans sa psychologie à part. Il est capable de s’instruire lui-même et d’absorber, de manière inconsciente, les connaissances de son environnement. Il développe ainsi une capacité d’adaptation extraordinaire. C’est ainsi qu’il apprend sa langue maternelle, la marche et un bon nombre de savoir-faire et savoir-être sans recevoir de leçons de la part d’un adulte. L’adulte a alors un rôle d’exemple : il fait et l’enfant refait après lui. Il est donc essentiel de prendre le temps de montrer les choses, même simples à réaliser, au jeune enfant pour qu’il ait le temps de s’en imprégner.

En grandissant, et en suivant ses intérêts, il développera d’autres compétences selon ses motivations ; et il devient capable de concentration et de persévérance. En respectant et en suivant son rythme d’apprentissage propre, chaque parent peut accompagner au mieux son enfant.

« Au lieu de considérer, comme le fait la scolastique, que l’enfant ne sait rien – ce qui est évidemment faux – et qu’il appartient à l’éducateur de tout lui apprendre – ce qui est prétentieux et irréalisable – nous partons, pour notre enseignement des tendances naturelles, chez tout individu sain, à l’action, à la création, à l’amour du beau, au besoin de s’exprimer et de s’extérioriser…» Célestin Freinet

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Lectures complémentaires : 
L’esprit absorbant, Maria Montessori
Les apprentissages autonomes, John Holt